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Des nouvelles de l'association et de Dominique Lapierre  

Revue de Presse

Le Figaro Magazine

Thursday 21 December 2000 à 11h17


Calcutta : le coeur de Lapierre fait des miracles.

Avec son livre, "la Cité de la joie", Dominique Lapierre avait fait exploser les ventes. Un énorme succès mondial, et beaucoup d'argent. Cet argent, l'auteur l'a utilisé pour soulager les douleurs des miséreux de Calcutta. Ils lui en sont reconnaissants. Infiniment.
Par Jacques Lesinge.



Dominique Lapierre avait promis. Il a tenu parole. Il est même allé bien au-delà de sa promesse.

En 1981, après la sortie de son livre la Cité de la joie, retraçant, avec une précision méticuleuse, la vie dans un bidonville, un " slum ", de Calcutta, l'écrivain avait annoncé :
" La moitié de mes droits d 'auteurs sera reversée aux pauvres de Calcutta. "

Une belle parole, qui en a fait sourire plus d'un. D'autant que le livre s'est rapidement installé en tête de tous les hit-parades.
Un triomphe, salué par tous les critiques, et même par Jean-Paul II.
Sept millions cinq cent mille exemplaires vendus, et un pactole de douze millions de francs pour l'auteur. Une somme rondelette qui vous donne des idées de château et n'incite pas au partage. Sauf pour Dominique Lapierre : " Il aurait été indécent de faire fortune sur le dos des plus pauvres parmi les pauvres. "

Sans tapage, sans publicité, sans se poser de questions, Lapierre a tenu un engagement : il a versé six millions cash à ceux qui, dans son coeur, étaient devenus ses amis. C'était le début d'une formidable aventure qui se poursuit toujours quatorze ans plus tard.
Car Lapierre ne s'est pas arrêté là.
Il ne s'est pas contenté de jouer les dames patronnesses de luxe, les seigneurs du carnet de chèques. Il est allé plus loin.
Il s'est impliqué, a voulu savoir comment l'argent allait être utilisé. Et il a très vite compris que ses six millions ne seraient qu'une goutte d'eau, qu'ils seraient engloutis par la première mousson, rongés par la lèpre comme la peau des malades.

Et après ? Après, plus rien. A Calcutta, des prêtres, des bénévoles continueraient à tirer des sonnettes en espérant quelques sous pour soulager les souffrances. endiguer la misère.

Alors Lapierre a pris son bâton de pèlerin.
Il a sillonné le monde, multipliant les conférences, appelant partout à la générosité. Tout l'argent ainsi récolté filait immédiatement et sans détour en Inde.
En quatorze ans, ce sont ainsi trente millions de francs qui ont été investis dans des écoles, des dispensaires, des centres de prévention de la tuberculose, des forages de puits...

La vie du couple Lapierre a été bouleversée.

Dominique Lapierre, aujourd'hui, est aspiré par son action. Elle a envahi sa vie, et celle de son épouse, (Dominique également) : un petit bout de femme tout en sourire, en dynamisme inlassable.

Pendant des nuits entières, elle entre, méthodiquement, sur son ordinateur les noms des donateurs, tient les comptes au centime près, cherche des fonds, et des idées.

Le couple est embarqué sur le même bateau et l'équipage s'accroche à son cap en se partageant les tâches comme de vieux matelots. Dominique hisse les voiles pendant que sa femme tient la barre. Le talent de l'un fait gonfler le foc, l'adresse de l'autre fait naviguer au plus près serré, et l'embarcation fend les vagues. Contre vents et marées.

Dominique Lapierre le dit : la Cité de la joie a changé sa vie, ses habitudes.
Parce que pendant des mois, pour écrire son livre, il s'est immergé dans des culs de basses-fosses, parce qu'il a pataugé dans les égouts à ciel ouvert qui zèbrent les ruelles enfumées des bidonvilles, parce qu'il a côtoyé la maladie, la déchéance, le chômage à l'état brut, et le régime de l'insécurité sociale.

" Ça, je ne pourrai jamais l'oublier ", confie-t-il, aujourd'hui, en revenant saluer ses compagnons de la Cité de la joie, à l'est de Calcutta.

Dominique ne cherche même pas à dissimuler son émotion en pénétrant dans une cahute grande comme une niche au coeur du bidonville :
- C'est ici que vivait Lambert, le héros de mon livre. Lambert, en fait, c'était un mélange du frère Laborde et du père Gaston Dayadan, deux êtres qui avaient choisi de partager la vie de tous ces gens qui ne reçoivent rien et sont prêts à tout donner. J'ai passé une nuit ici, avec Gaston pour m'imprégner des bruits, des odeurs du slum. C'est un souvenir fabuleux.

Enfants et chiens se disputent les mêmes détritus.

Même si les odeurs du slum n'incitent pas souvent à la poésie. Dans les détritus, enfants, chiens, et rats se disputent la moindre épluchure avec la même âpreté, on fait la queue, en permanence, devant de rares fontaines pour recueillir un peu d'eau propre, pendant que des mères de famille décharnées font bouillir, inlassablement, sur leurs " chulas ", des soupes où flottent quelques légumes dénichés on ne sait où. Des cabanes brinquebalantes, faites de cartons, de tôles, de galettes de bouse de vache séchée, s'échappent en permanence des toux rauques.
Un habitant du slum sur trois est atteint de tuberculose. Et s'estime bien heureux de ne pas faire partie des deux cent milles lépreux regroupé dans des courées où personne n'ose entrer.

Et pourtant, quel accueil...
Tout visiteur est reçu comme un dieu.
On lui sourit,

on se précipite pour chercher un tabouret que l'on recouvre d'un linge propre, on court de masure en masure pour collecter un peu de thé si chèrement acquis.

On est tout simplement heureux de recevoir, d'inviter à entrer dans ces cabanes d'une propreté sidérante au milieu de cet univers d'immondices.

Ce bonheur tout simple, cette joie de vivre de ceux qui ne se plaignent jamais, qui se cachent pour mourir, comme des oiseaux, c'est la surprise, le charme de la Cité de la joie.

Ce charme qui a envoûté les Lapierre, qui leur a donné envie de se battre pour que ces gens-là ne soient plus seuls, qu'ils sachent que très loin, dans un pays dont ils ne situent même pas les frontières, quelqu'un pense à eux.

C'est bien ce que font Dominique et Dominique Lapierre : ils pensent nuit et jour à ceux qui, au bout du monde, les ont baptisés " dada " et " didi ", grand frère et grande soeur, et qui se mettent en quatre pour fêter chacune de leurs visites.

Il faut dire que dada et didi ne ménagent ni leur peine ni leur argent.
Partout où ils peuvent, ils sauvent, ils construisent, ils créent, ils mettent en marche.
Quinze opérations, allant de l'envoi de médicaments à la prise en charge d'enfants lépreux, en passant par la création d'antennes médicales, ont été lancées en quatorze ans.

La première, en 1982, a fait le bonheur d'un religieux anglais, James Stevens.
En 1970, il avait créé un établissement qui accueillait les enfants de lépreux, leur assurant gîte et éducation. Mais faute d'argent, James Stevens allait devoir fermer. Les Lapierre ont sauvé les lieux.
Aujourd'hui, deux cents gosses apprennent à Udayan, à lire, à écrire, à coudre, à tisser. Ils mangent tous les jours à leur faim et - luxe suprême - peuvent même nager, rire et s'ébattre dans un vaste bassin qu'ils partagent avec les poissons.

A quelques dizaines de kilomètres de là, à Dayananda, c'est un dispensaire qui a été créé de toutes pièces, avec, comme objectif prioritaire, le dépistage de la tuberculose.
Chaque jour, deux médecins (quatre le dimanche) auscultent cent cinquante malades chacun. Chaque semaine, quatre jeunes infirmières indiennes impeccablement drapées dans leur sari bleu vaccinent neuf cent enfants, et enseignent patiemment à leurs mères des règles élémentaires d'hygiène, de prévention. On les écoute attentivement, mais surtout on suit leurs conseils, parce que les résultats sont là, visibles, tangibles : des malades guérissent. Et cela, les villageois en sont infiniment reconnaissants aux médecins, au directeur du centre, M.A. Wohab, et, par-dessus tout, aux époux Lapierre, dont ils connaissent tous le nom par coeur.

Avant d'arriver à Dayananda, Dominique Lapierre nous avait prévenus :
- Généralement, ils nous préparent un accueil assez chaleureux. Cette fois, je leur ai demandé un peu de discrétion.
Perdu.

Un bon kilomètre avant la porte du dispensaire, cinq mille personnes s'étaient massées sur la route, attendant l'arrivée du minibus offert par le puissant industriel Tata. Sur des bouts de carton, portés à bout de bras, des centaines de mains avaient griffonné : " I love Dominique ", " Welcome Dominique and Dominique "
A peine descendus du petit bus, les Lapierre disparaissaient sous les colliers d'oeillets d'Inde et de fleurs de jasmin.
La fête. Totale, éperdue. Wohab confie :
- Ce sont pour la plupart d'anciens malades. Certains habitent à plus de cinquante kilomètres d'ici. Ils sont partis hier soir de chez eux, comme ils ont pu, pour ne pas manquer ce rendez-vous.

Dans les villages traversés, ce sera le même liesse.
Sur la petite île de Basanti, Aloka Pal, revenue à la terre après avoir vécu dans la Cité de la Joie, est fière de faire visiter l'école qu'elle a pu ouvrir, et un peu penaude d'avouer qu'au lieu de soixante-dix enfants prévus, ils sont aujourd'hui cent quarante inscrits.

Malgré leur générosité, l'argent file trop vite.

A ces mots , les Lapierre font un peu la grimace.
Assumer cent quarante enfants, ils ne demandent pas mieux.
Mais le bon Dieu ne leur a pas encore confié le secret de la multiplication des pains.
Une école à droite, un dispensaire à gauche, un petit camion d'unité radiologique mobile au milieu, et l'argent file, file; Mme Lapierre fait ses comptes :
- Il nous reste en caisse douze millions. Le budget prévu pour 1995 s'élève à deux millions quatre cent cinquante mille francs. A ce rythme, nous ne pouvons plus tenir que quatre ans.

Pour s'en sortir, il va falloir créer une fondation, mettre un capital à l'abri pour ne fonctionner que sur ces intérêts. C'est impératif, car, après nous, qu'adviendra-t-il ?

Dominique est inquiète. Réellement. Bien d'autres femmes, a sa place, n'additionneraient que les vernissages aux défilés de mode.

Mais Dominique et Dominique ont buté, un jour, sur ce proverbe indien : " Tout ce qui n'est pas donné, est perdu."
Alors, ils donnent.
Pour ne pas perdre une goutte de vie, l'esquisse d'un sourire, la lueur de l'espoir.

Article tiré du Figaro Magazine et écrit par Jacques Lesinge.

 

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