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Revue de Presse

Le Figaro Littéraire

Wednesday 04 April 2001 à 12h21

Protestations à Bhopal Bhopal : l'épouvantable scénario En 1984, les conduits d'une usine de pesticides explosent à Bhopal, en Inde. Un nuage de gaz toxique s'échappe et sème la mort dans la petite ville. Dominique Lapierre et Javier Moro racontent ce drame, dans un livre qui dénonce le secret et le mépris d'une multinationale criminelle.

Article d'Anne Muratori-Philip publié le 22 mars 2001 en page 3 du Figaro Littéraire

A minuit cinq, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, une formidable explosion libère deux geysers gazeux qui se rejoignent pour former un énorme nuage que le vent pousse vers les quartiers pauvres de Bhopal, une cité légendaire implantée depuis des siècles au cœur de l'Inde. La beauté de ses palais, la splendeur de ses mosquées et de ses superbes jardins lui ont valu d'être surnommée la «Bagdad de l'Inde». Mais cette nuit de décembre 1984 tourne au cauchemar pour les huit cent mille habitants de cette ville qui, depuis six ans, vit sous la coupe de l'Union Carbide, le troisième fournisseur mondial de produits chimiques. En se répandant insidieusement, le nuage a provoqué, presque instantanément, une apocalypse de 16 000 à 30 000 morts et près de 300 000 blessés. Dominique Lapierre et Javier Moro ont enquêté pendant plus de trois ans pour reconstituer l'histoire de cette tragédie. Conçu à la manière d'un scénario de film, leur livre, Il était minuit cinq à Bhopal, révèle les négligences du personnel, les manquements graves aux principes de sécurité et l'attitude scandaleuse des responsables de l'Union Carbide.

En 1978, avec la complicité du gouvernement indien, le géant américain a construit à Bhopal une usine chargée de produire cinq mille tonnes de pesticides, notamment le Sevin, composé en majeure partie d'isocyanate de méthyle, plus connu sous ses initiales anglaises MIC (Methyl-Iso-Cyanate). Extrêmement dangereux pour les êtres vivants, il doit être stocké sous forme liquide, à une température inférieure à vingt-cinq degrés; sinon, il risque de se transformer en un gaz plus lourd que l'air et provoquer, par ses seules vapeurs, la destruction de l'appareil respiratoire. C'est l'un des composés les plus dangereux sorti des éprouvettes des apprentis sorciers de l'Union Carbide. D'ailleurs, les expériences réalisées sur des rats ont abouti à des conclusions tellement terrifiantes que la firme n'a pas osé publier ses travaux. Evidemment, le gouvernement indien ignorait tout de la toxicité du produit fabriqué par l'usine et les habitants de Bhopal savaient seulement qu'il s'agissait d'«un médicament pour les plantes».

En réalité, le fonctionnement de l'usine est émaillé d'incidents plus ou moins graves: des incendies et des accidents ont provoqué mort d'homme et ont fait quarante-sept blessés. Les syndicats sont réduits au silence. Pourtant, en mai 1982, une visite technique révèle des anomalies énormes. Grâce à des complicités dans l'usine, un jeune journaliste, Rajkumar Keswani, a pu se procurer une copie du rapport des ingénieurs. «Il dénonçait le bricolage de certains branchements, la déformation de pièces d'équipement, la corrosion de plusieurs circuits, l'absence d'extincteurs automatiques dans les zones de production du Mic et du phosgène, les risques d'explosion de la torchère d'évacuation des gaz... Il s'étonnait que l'aiguille du manomètre de pression d'un réservoir de phosgène, pourtant rempli de gaz, soit immobilisée sur le chiffre zéro...» Pire, le document révèle une faute particulièrement grave: le nettoyage des tuyauteries a été effectué sans que l'on ait pris la peine d'obstruer les deux extrémités de la conduite avec un disque spécial destiné à éviter que l'eau de rinçage ne s'infiltre dans le reste de l'installation; voire dans les fameuses cuves qui contiennent du MIC. Pour Keswani l'usine frise sans cesse la catastrophe; il publie donc plusieurs articles pour sensibiliser l'opinion. «S'il arrive malheur un jour, écrit-il, ne dites pas que vous ne saviez pas!» Mais ses appels ne rencontrent qu'indifférence et aveuglement.

A la même époque, l'usine devenant déficitaire en raison de la mévente du Sevin, la maison mère aux Etats-Unis envisage sa fermeture. Pour l'heure, un nouveau directeur a mission de réduire les frais d'exploitation; il prévoit une vague de licenciements progressive, décide de ne changer les pièces qu'une fois par an, au lieu de tous les six mois et de remplacer les tuyaux en acier inoxydable endommagés par des tuyaux en acier ordinaire. Bientôt la chasse aux dépenses affecte les systèmes de sécurité qui sont mis en sommeil: arrêt de la torchère qui brûle les gaz toxiques et interruption de la réfrigération des réservoirs de MIC. Réaction logique du directeur qui ne voit pas l'utilité de dépenser du carburant pour protéger une installation qui ne fonctionne plus. Et pourtant, les cuves renferment encore plus de soixante tonnes de MIC. Insensiblement, le scénario de la tragédie s'est mis en place.

Cette nuit funeste du 2 décembre 1984, Bhopal s'apprête à recevoir le grand conclave de prière et l'on fête plusieurs mariages, ce qui explique la foule encore dense à cette heure avancée de la nuit. Le hurlement de la sirène de l'usine provoque un instant d'inquiétude parmi les groupes de fêtards; mais ce n'est pas la première fois qu'on l'entend et les commentaires vont bon train: «Vous vous faites de la bile pour rien, les amis. Depuis la dernière alerte, ils ont décidé de la démolir leur usine. Mais il paraît qu'elle est tellement pourrie qu'ils ont peur de ne pas pouvoir la démonter. Elle est trouée de partout.» A l'usine la situation est critique: l'eau de rinçage des tuyauteries reflue depuis trois heures dans la cuve bourrée à 70 % de MIC. C'est la panique. La protection de béton du réservoir se fend, la valve de sécurité explose, libérant le nuage mortel.

Les Bhopalis meurent, pris au piège, sans comprendre se qui leur est arrivé. C'est un massacre silencieux, insidieux, sournois. La catastrophe la plus meurtrière de l'histoire. Quant à l'Union Carbide, même si elle a versé quelques compensations à «titre humanitaire», elle n'a jamais reconnu ses torts ni présenté ses excuses. Mieux, elle a essayé de faire accréditer la thèse du sabotage.

 

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